[THORIUM] la face gâchée du nucléaire sur Arte +7 & Arte Future

thorium affiche

Notre film est passé sur Arte le 20 septembre et est toujours disponible sur Arte+7 ! Pour les curieux, pleins de bonus et de chouettes modules pour bien comprendre le film sur Arte Future ——> ARTE FUTURE

Il a été réalisé par Myriam Tonelotto, une anti-nucléaire qui se demande si un nucléaire plus safe est possible. On lit beaucoup d’âneries sur internet et de malinformation. Beaucoup de lobbyistes pro-plutonium diabolisent en douce sur la toile le thorium et les réacteurs à sels fondus. Donc le couple thorium-sel fondus, vous imaginez ce que ça représenterait pour eux… Partir de nouveaux réacteurs, mettre au placard les leurs. Et puis bon nombre d’anti-nucléaires sont de toute façon contre toute forme de réacteurs. Nous comprenons leur point de vue. On ne cherche pas à les rendre pro-nucléaire (ce que nous ne sommes pas). Nous souhaitons simplement que les téléspectateurs soient bien informés et qu’ils comprennent bien qu’un autre nucléaire plus safe était possible et est toujours possible. Ce n’est pas formel car il faut investir et tester des prototypes. Et attendre, le temps, toujours le temps. L’argent, toujours l’argent.

Nous travaillons – avec Myriam la réalisatrice et son équipe – sur ce film depuis plus de trois ans. Citizen Films a appris une montagne de choses en le produisant. Vous apprendrez une montagne de choses en le voyant ! Si vous avez des questions après avoir vu le film, n’hésitez pas à nous les soumettre (citizenfilmsprod@gmail.com), nous les transmettrons à la réalisatrice qui vous répondra avec plaisir !

Thorium 20 septembre ARTE

Voici un texte écrit par la réalisatrice du film au sujet de son film :

“Imaginons que le pain ait été inventé comme arme de guerre pour bombarder les assaillants. On aurait choisi les farines les plus dures, les pâtons les plus denses, les cuissons les plus violentes pour obtenir un boulet à même d’être catapulté sur les crânes ennemis. Vient la fin de la guerre, les stocks de pain d’assaut prennent la poussière et le marché du pain militaire s’effondre. La guilde des boulangers de guerre se dit : et si on recyclait cette formidable invention qu’est le pain pour en faire un aliment ? Et les voilà qui développent toute une stratégie pour rendre les boulets d’assaut vaguement comestibles : il faudra les faire longuement tremper dans l’eau, puis refaçonner la bouillie contaminée de poussière en nouveau pâton, et à la fin du processus on devrait avoir quelque chose que l’on pourra fourguer à la société civile, avec des risques sanitaires non négligeables, certes, mais enfin, l’essentiel est de préserver l’industrie du pain de guerre, au cas où les hostilités reprendraient, tout en garantissant de nouveaux débouchés. Dans l’ombre de la guilde, quelques boulangers, qui avaient pensé d’emblée le pain comme source d’énergie pour le métabolisme humain, tenteraient d’exister. Mais ils seraient trop peu nombreux, politiquement isolés, et puis surtout, le pain, c’est quand même avant tout pour bombarder les ennemis, non ? Un pain qui serait juste alimentaire, quelle idée saugrenue…

Voilà, c’est ça l’histoire des réacteurs à sels fondus de Thorium : des réacteurs pensés d’emblée non pour fabriquer des bombes ou propulser des sous-marins nucléaires, mais pour fournir de l’énergie. Des réacteurs qui nous auraient épargné Tchernobyl et Fukushima. Des réacteurs imaginés non pour produire du Plutonium, mais pour ne PAS en produire. Et donc des réacteurs qui n’ont jamais eu la chance de sortir des laboratoires de recherche… Nos réacteurs actuels, les réacteurs à eau pressurisée, n’ont pas été inventés pour alimenter nos réseaux électriques. Ils sont comme les pains d’assaut : le fruit du recyclage d’un produit militaire, festonnés de dispositifs de sécurité pour contenir leur neutronique pensée pour d’autres enjeux que ceux d’une énergie propre ou sûre. Il m’a fallu du temps, comme anti-nucléaire, pour digérer cette histoire là. Je savais bien que le pain de guerre n’avait pas les qualités nutritionnelles qu’on lui attribuait. De là à imaginer qu’on aurait pu goûter à tout autre chose…

Mort-nés dans les années 40, enterrés en 73, les réacteurs à sels fondus refont surface à Grenoble, Kyôto, Karlsruhe ou Shanghai. Portés par les seuls chercheurs, loin de l’industrie de l’armement comme du nucléaire conventionnel, ils sont peut-être une solution à la double question des déchets : déchets nucléaires que l’on enfuit en croisant les doigts, déchets de la combustion fossile que l’on balance directement dans l’atmosphère en détournant le regard. Seuls à pouvoir brûler efficacement les déchets des centrales atomiques actuelles, les réacteurs à sels fondus sont aussi les seuls capables de doubler ou réduire instantanément leur puissance pour compenser les variations des énergies intermittentes. Des réacteurs pensés pour permettre au vent et au soleil de les remplacer dès que possible : des réacteurs qu’une anti-nucléaire comme moi, peut comprendre et envisager. L’énergie du futur ?”

[THORIUM] la face gâchée du nucléaire : mardi 20 septembre à 20h55 sur Arte et sur Arte + 7

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